Après Contrast et We Happy Few, Compulsion Games nous délivre une fois de plus une œuvre visuellement marquante. South of Midnight fait des choix forts artistiquement et techniquement (l’animation en stop motion), tout en proposant une expérience on ne peut plus classique manette en main. Voyons ensemble si tout le monde peut tout de même explorer le monde fantastique et onirique de South of Midnight.

Type | Action |
Editeur | Xbox Studios |
Développeur | Compulsion Games |
Date de sortie | 8 avril 2025 |
Classification | 18 ans et plus |
South Of Midnight propose de contrôler Hazel, une jeune femme à la recherche de sa mère emportée dans l’ouragan frappant le Sud profond des USA. Basculant dans un autre monde, où se bousculent folklore, créatures mythiques et traumatismes, la voilà à essayer de faire de son mieux pour aider ceux qu’elle va croiser, soigner ce qui peut l’être.
Sur la forme, South of Midnight est un jeu d’action-plateforme à la troisième personne qui peut occuper près d’une quinzaine d’heures. Voir plus pour les accrocs aux collectibles et succès ^^
Et si j’ai un handicap moteur ? 7 / 10
Bon point, le premier lancement de South of Midnight permet de paramétrer dans les grandes lignes son expérience de jeu.
Toutes les options d’accessibilité ne sont pas présentées dans ce menu initial, mais cela permet de pas mal dégrossir. Le premier item est d’ailleurs la lecture des menus dont on peut régler le volume et la vitesse.
Encore faut-il pouvoir comprendre ce qui est dit, alors même que le français est disponible, des instructions de code en anglais et la non-lecture des lettres avec accent vient parasiter cette option. Quand « dégâts » devient « dgts » ça devient incompréhensible. Reste à voir si des patchs viendront réparer cela.


Le remapping des contrôles ne concerne pas les déplacements de l’héroïne ni la caméra. Pour ces derniers, les sticks gauches et droits sont verrouillés. Par contre, tout le reste est personnalisable. Cela va jusqu’aux contrôles dans le menu pause !
En parlant des sticks, on peut régler leur sensibilité et les inverser. Cependant, on ne peut pas adapter leur réactivité en modifiant les zones mortes. Concernant la visée, on peut choisir entre le maintien complet ou le simple appui pour que Hazel attrape l’objet.


South of Midnight est un jeu d’action et de plateforme où le sprint automatique est activable, même si personnellement je ne le conseille pas. Certaines sections étant pleines de pièges à éviter, requérant ainsi des déplacements fins, incompatibles avec la course.
J’ai surtout ressenti cela avec Crouton, le doudou de Hazel que l’on contrôle dans des sections que lui seul peut atteindre. En général, ce sont des tunnels bourrés de pics. C’est également le cas sur les troncs d’arbre où la partie stable, au centre, est très réduite. On a vite fait de glisser sur le côté.
Quant aux combats, il sont très dynamiques. Et ils représentent une part non négligeable du jeu. Or, je n’ai pas ressenti de fatigue à les enchaîner.
Il n’y a pas de combinaisons diaboliques à exécuter pour activer les pouvoirs ou les attaques au corps à corps. Une touche suffit pour les sorts d’attraction, répulsion,
Par contre, on n’échappe pas au matraquage du bouton X pour frapper ou B pour esquiver. Si les affrontements sont parfois nombreux, ils sont relativement courts pour se régler en général en 2 ou 3 minutes.

Pour adapter votre confort pendant les combats, vous pourrez verrouiller la cible et passer de l’un à l’autre. Les options de niveau vous permettent de réduire les dégâts et la difficulté sur mesure. Ça permet d’avoir un challenge à sa mesure !
Les rares combats de boss par contre durent un peu plus longtemps. C’est généralement le monstre de l’histoire du chapitre. Ce sont des combats en plusieurs parties où il va falloir apprendre les coups spéciaux du boss et s’adapter. Le menu pause va geler le combat si vous avez besoin de faire une pause.
Pour ceux et celles qui ne peuvent vraiment pas réussir un combat, boss ou pas d’ailleurs, une option permet de le passer sans incidence sur l’histoire.
En conclusion, une bonne prise en main et des aides qui vous permettent une expérience sur mesure. Le seul vrai challenge, faute d’aides, sera certainement les parties d’exploration. Il faut une bonne notion de la 3D pour des sauts bien placés.
Et si j’ai un handicap visuel ? 7 / 10
Comme d’habitude, ce qui va nous intéresser sur le plan visuel, c’est comment on va avoir accès à l’information. Elle est bien trop souvent donnée par l’image : barre de vie, ennemis… Et sur South of Midnight, on a de bonnes choses.
Par exemple, on vous propose des profils personnalisables permettant de modifier les couleurs des icônes de dangers, d’attaque imparable, des barres de santé et magie de Hazel. Il y a des profils dédiés aux différents degrés de daltonisme, bien sûr, mais aussi la possibilité de choisir selon vos goûts parmi 15 couleurs.


On le disait plus haut, la lecture des menus n’est guère satisfaisante en l’état, étant parasitée par des indications de ligne de codes en anglais et sautant les lettres accentuées.
Par contre, la taille du texte dans les menus peut être augmentée jusqu’à 200 %. De même l’ATH en jeu peut être individuellement ajustable jusqu’à 200 %. On a donc une bonne visibilité des menus.
Pour les sous-titres, on peut régler la taille de « petit » à « grand ». Et surtout on peut définir la couleur de la police, du fond et si on les veut en gras ou non. Cela devrait permettre de bien suivre les discussions. Le jeu est en français et on peut gérer le son pour ne rien louper.

Reste à voir le jeu en lui-même ! South of Midnight est un jeu d’exploration et de combat. Ces phases de jeu sont bien distinctes. En effet, les ennemis sont dans de petites arènes bien identifiées, donc pas de risque d’agression dans les zones d’exploration intermédiaires.
Côté exploration, un fil de trame apparaît en appuyant sur le stick droit. Il vous permet de visualiser le chemin vers le prochain objectif. Cela se matérialise par une traînée blanche. C’est une compétence acquise en cours de jeu qui ne s’affiche qu’un temps limité. Mais vu son utilité, les options vous proposent de la laisser afficher à volonté, et ce dès le début du jeu.
Si South of Midnight se déroule principalement dans des décors sombres, il arrive qu’en plein jour ou parmi des champs de tournesol, cette trame soit peu discernable. Heureusement, une option à activer permet d’orienter la caméra sur le bon chemin.


En complément de cette trame bien utile, vous avez une balise audio. Elle est réglable en volume et en tonalité. Elle permet donc de retranscrire en son si Hazel est bien sur la trame. S’en éloigner altère le volume de la balise et nous alerte.
Ce genre d’option nous incite à penser que le jeu sera jouable par une personne non voyante, mais malheureusement il y a des écueils qui l’empêcheront. À commencer par les pings sonores d’interaction. C’est parfait, mais ici c’est le même son pour TOUTES les interactions. Autrement dit, il n’y a pas moyen de savoir ce qui est attendu de vous, sauf à tester tous les interactions et sorts.
Autre problématique, sur l’aspect exploration, on va pouvoir esquiver les obstacles avec la trame et se remettre face à eux pour avancer. Parfait, mais il n’y a pas d’alerte quand vous arrivez face à un trou ni quand vous êtes face à un mur. D’ailleurs, Hazel continue à courir, donc on ne peut pas se fier à l’arrêt du bruit de courses.
Le son ne vient pas renforcer la visée lorsque vous devez envoyer Crouton à distance. Or, la couleur de la trajectoire est blanche avec peu d’effet des options de changement de couleur. La visée va donc être difficile. Heureusement, c’est rare et c’est souvent pour atteindre des bonus.
En combat, le fait de pouvoir verrouiller la cible et de passer de l’une à l’autre avec le stick permet de ne pas en louper. Leur apparition est signalée par une flèche blanche et une flèche triple rouge pour les attaques imminentes. Les combats de boss sont plus techniques, mais répétables. Et en cas de blocage total, il vous reste la possibilité de passer la difficulté d’un coup.
South of Midnight propose de bonnes choses, notamment les aides sonores. Mais il n’arrive pas à esquiver quelques écueils qui bloqueront certains joueurs avec des troubles importants.
Et si j’ai un handicap auditif ? 8 / 10
Ici on va bien entendu se concentrer sur la gestion des informations sonores et on le disait, les informations visuelles viennent les renforcer.

Les sous-titres sont ajustables en taille, couleur de police et couleur de fond. En plus des dialogues, on peut activer des sous-titres indiquant le ton qu’emploient le personnage, les bruits d’ambiance ou si de la musique est jouée.
De plus, vous pouvez activer un indicateur de l’origine du son dans le menu des options… mais pendant les 10 minutes que je l’ai utilisé, la flèche indiquait toujours la même direction, malgré 2 personnages qui s’engueulaient à travers une pièce.
En effet, l’icône de direction du locuteur est sous forme d’un triangle peu mobile. Donc même concentré, on n’est jamais sûr de sa direction. Et c’est pourtant essentiel de l’avoir d’un coup d’œil pour pouvoir continuer de suivre l’action. C’est donc peu efficace.


Côté son, vous pourrez régler les différentes sources sonores et ajouter un renfort par les vibrations, même si je ne l’ai pas trouvé très impactant. Ce n’est pas vraiment une source d’information fiable en tout cas. Le jeu peut être passé en mono pour une meilleure compréhension du son.
Mais côté jeu, sur la partie exploration, tout est renforcé visuellement. Entre la trame, la surbrillance des objets à bouger, lancer ou exploser avec vos sorts, cela ne devrait pas poser de problème.
Petit bémol par contre sur les combats. Comme dit plus haut, des flèches autour de vous vous préviennent quand il y a une attaque ou une apparition d’ennemi. Mais pas d’information constante du nombre et de la position des ennemis. Donc il faudra rester vigilant !
Et si j’ai un handicap cognitif ? 7 / 10
South of Midnight est un jeu d’action avec très peu de gestion de personnage. Les acquisitions de compétences sont assez linéaires, celles des sorts et dans l’histoire. C’est très intuitif.



Le point fort de South of Midnight sera la gestion de la difficulté. Il propose 4 niveaux de difficulté, à commencer par le mode histoire, activables avant de lancer la partie.
Quant au mode sur mesure, on peut choisir la puissance des ennemis, celles des soins… jusqu’à même rendre invincible Hazel. Bref, on peut doser finement son expérience et éviter toute frustration. Surtout que comme on l’a dit auparavant, les options vous donnent la possibilité de passer les combats un peu trop tendus.
Le jeu va donc être très abordable et paramétrable. Même si ça impliquera sûrement de l’aide, car il va falloir aller modifier les options. Et on l’a dit plus haut, pour une fois qu’on a un narrateur en français, on le comprend difficilement, surtout dans les menus. En effet, il verbalise des données de programme incompréhensibles.

En ouvrant les tutoriels, vous mettez le jeu en pause. Une image ou une petite vidéo explicative avec rappel des touches les accompagnent souvent. Il est donc assez facile d’apprendre les mécaniques.
À tout moment, on peut les retrouver dans le menu des options, avec trois sections dédiées, contrôles généraux, magie et combat. Pour ceux qui ne parviennent pas à passer un boss, une course poursuite ou un combat, South of Midnight autorise à passer la séquence.

Le fil de trame est très efficace. L’exploration est une partie importante du jeu. Et comme l’environnement est riche, souvent sombre et hostile, retrouver son chemin peut être difficile.
Vous pouvez activer ce fil dès le début de l’aventure (ce qui va à l’encontre de l’histoire). Et il est affichable de manière permanente pour ceux et celles qui ont besoin d’être guidés en permanence. Avec la trame, suivez le guide ! C’est sûrement l’option qui a le plus marqué le groupe du mardi.
Les options permettent de régler l’interface sur mesure. Vous choisissez ce qui est affiché, dans quelle couleur et surtout à quelle taille. De quoi vous aider à vous concentrer et la rendre agréable. D’ailleurs, côté interface, textes, dialogues, South of Midnight est intégralement en français.
On a donc apprécié, et ce devrait être un jeu assez facile à prendre en main. Le challenge reste par contre sur l’exploration pour ceux qui ont du mal à gérer la 3D. Les sauts assez précis et les glissades peuvent être pénibles et sur cet aspect, pas de passage automatique.
Notre avis
Compulsions Games a l’art de créer des univers atypiques. South of Midnight en est la preuve une nouvelle fois.
Ici, grâce à des options d’accessibilités nombreuses et permettant de finement régler son expérience, les personnes en situation de handicap n’ont pas été oubliées. Restent de bonnes pistes à améliorer, comme la lecture des menus, qui en l’état ne sont guère convaincantes.